À paraître

La poésie, c’est l’art d’apprivoiser la libellule de l’insaisissable. 

Saint-Pol-Roux

 

La Bretagne, plus qu’une idée, est une échappée. Cernée par la mer mais ouverte au continent, on la réduit trop souvent à une antinomie : l’Argoat d’un côté, cette terre de vallées, de bocages, sillonnée par une multitude de cours d’eau et de rivières qui fut peuplée de légendes arthuriennes. Terre façonnée par la culture paysanne et restée un peu « chouanne » (selon Louis Guilloux). De l’autre la Bretagne côtière, l’Armor, celle des grèves et des falaises, des phares et des îles, des pêcheurs et des marins.

On la réduit aussi à une distinction linguistique. À l’ouest la Basse-Bretagne, bretonnante, à l’est la Haute-Bretagne, gallèse. Aujourd’hui, d’après l’Unesco, breton et gallo sont des langues en danger. Mais ces lignes de partage, tracées à gros traits, sont des vues d’en haut. Comment alors ouvrir les portes intérieures de la péninsule ? Peut-être en suivant les inflexions de cette voix, discrète et fervente, qu’on appelle la poésie.