À paraître

PSAUMES POUR CONJURER LA GUERRE

Remonter aux sources mystiques et historiques des peuples, chanter leur fondement originel et pérenniser leur mémoire loin des clivages et des conflits, tels sont les thèmes chers à Laureano Albán. Nourrie de l’héritage culturel amérindien, exaltée par la métaphore qui relie et agrandit, rêvant de concilier, par la poésie, mémoire et utopie, la voix de Laureano Albán — proche de celle d’un Pablo Neruda — fait dialoguer l’Histoire et la légende. Au-delà de sa dimension métaphysique, elle dénonce aussi l’oppression des peuples, l’asservissement et la précarité des plus démunis. Les Psaumes pour conjurer la guerre, au nombre de vingt-six, ont été écrits durant les années sanglantes de guerre en Amérique centrale. Ils sont dédiés à l’ancien président du Costa Rica, Óscar Arias Sánchez, ardent défenseur de la liberté et auteur d’un « plan de paix » pour réunir en une fraternité sûre et durable les différents pays qui la constituent.

ANTHOLOGIE DE LA POÉSIE EN BRETAGNE AU XXe SIÈCLE

La Bretagne, plus qu’une idée, est une échappée. Cernée par la mer mais ouverte au continent, on la réduit trop souvent à une antinomie : l’Argoat d’un côté, cette terre de vallées, de bocages, sillonnée par une multitude de cours d’eau et de rivières qui fut peuplée de légendes arthuriennes. Terre façonnée par la culture paysanne et restée un peu « chouanne » (selon Louis Guilloux). De l’autre la Bretagne côtière, l’Armor, celle des grèves et des falaises, des phares et des îles, des pêcheurs et des marins.

On la réduit aussi à une distinction linguistique. À l’ouest la Basse-Bretagne, bretonnante, à l’est la Haute-Bretagne, gallèse. Aujourd’hui, d’après l’Unesco, breton et gallo sont des langues en danger. Mais ces lignes de partage, tracées à gros traits, sont des vues d’en haut. Alors comment ouvrir les portes intérieures de la péninsule ? Peut-être en suivant les inflexions de cette voix, discrète et fervente, qu’on appelle la poésie…

Entretien avec Yves Prié, poète, éditeur et imprimeur de Folle Avoine

par Gwenn Darras et Yvan Guillemot, avec le soutien de RCF alpha