À paraître automne 2020

Ce volume contient les titres suivants :

Le Rituel breton 

Rires et pleurs de l’Aven  

La Sône des pluies et des tombes  

« Los Cantos… »

L’Ode brisée  

Solo et autres poèmes   

Genèse et derniers poèmes  

La Marche des calvaires 

Et maintenant donnez-moi

Nul chant nul solo
Nulle symphonie nul concerto
Qui porte nostalgie d’amour
Et soif et faim de tendresse
Ne sera perdu dans la détresse de la mer

 

Où situer Xavier Grall ? Un brin marginal, « frotté à l’air du temps, aux vents du monde », il appartient – comme Armand Robin ou le tchèque Jan Skácel – au cercle restreint des poètes journalistes inspirés.

Ses prises de position anticoloniales, son engagement en faveur de la cause bretonne, ses préférences ou détestations marquées pour telle ou telle figure intellectuelle de son temps, lui valurent quelques polémiques mémorables. Mais il était trop poète pour que celles-ci atteignent ses convictions profondes, et singulièrement son attachement – maintes fois renouvelés – à la foi chrétienne. Incontestablement, dans son opposition aux « âmes stagnantes » et aux conservatismes de toutes sortes, Xavier Grall aura incarné une forme de renaissance de la Bretagne.

Pour évoquer son pays natal – qu’il considère rien de moins qu’une province métaphysique – vous l’entendrez proférer des mots, des sons et des rythmes à la manière de poèmes-chansons. Multiples sont ses ressources lexicales et syntaxiques. À la prosodie médiévale qu’il emprunte à François Villon, et qui ne va pas sans une certaine nostalgie, il ajoute le rythme incantatoire du « kan an diskan ». Dans les allées de son jardin à la française, on croise ainsi des peupliers où vibrent les chants des bardes et des harpeurs bretons. Et aussi par bribes, la langue anglaise, en écho à Kérouac. Mais la ligne d’horizon de sa quête existentielle – il y reviendra toujours – se superpose d’abord à la mer…